sofie vinet

Je brode

Soirée poésie avec les éditions du Chat qui tousse
et vernissage le mardi 14 novembre à 18h


Exposition visible aux heures d'ouverture de la librairie


 

Le fil rouge traverse les pièces de drap blanc, point après point, mot après mot marque le linge, l’appartenance à une famille, à un lieu 
Le fil rouge traverse les pièces de drap blanc, point après point, mot après mot
marque le linge, l’appartenance à une famille, à un lieu
le fil rouge devient écriture.  
 
Je brode
depuis qu’un soir d’hiver, raccommodant un vieux vêtement, m’apparut le  lien  inextricable entre le fil pimpant neuf de la reprise et l’histoire de ce linge traversé par le temps.
Du raccommodage à la broderie il n’y a qu’un pas,
celui de l’utile à l’embellissement, du nécessaire à l’essentiel.
 
Je brode
parcelles d’histoires de vies,
paroles  supposées, senties, parfois entendues.
une émotion, une pensée,
je brode la poésie du quotidien.
 
Quand écrire et broder ne font plus qu’un,
le temps s’étire et s’épaissit,
le prendre ou le perdre ? Peu importe.
Je brodécris
dans l’instant, la lenteur et le silence du geste inlassablement renouvelé.

Broder c’est faire de l’endurance,

C’est  résister.
Broder, intégrer, méditer, faire corps avec le temps avec
la  pensée incarnée de l’écriture manuscrite.
 
Quelque chose sort du rang, humblement, sobrement
au fil rouge l’écriture s’insurge poéthiquement
sort de la page blanche et se dresse face à nous.



Diplômée d’un DEA d’arts plastiques à la Faculté de Rennes 2 Haute Bretagne en 1994, sofie vinet vit et travaille à Nozay, en plein champ, entre Nantes et Rennes.
A travers ses œuvres où elle fait appel à la population, elle tire le fil, tisse un lien  entre les gens, leur quotidien, l’environnement et l’Art.
Sa pratique est multiforme. En 2005 elle commence à brodécrire. En 2010 elle passe un CAP de coiffure, devient  « Mme Filosa » pour sa création autour du cheveu et l’acte d’aller se faire couper les cheveux. Ce projet toujours en cours intègre sa brodécriture.

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NOS PRECEDENTES EXPOSITIONS


Retour sur les différents accrochages de l'année.

De la fiction au crayon


Maureen Lasne



Octobre 2017

Les créations ne sont pas une somme d’influences reçues, elles sont le résultat du travail de la personnalité du créateur qui transforme, filtre, élague, isole, détourne, trahit, met à distance, homogénéise ses influences. C’est, sans doute, ce qu’on appelle le style.

Même si ça ne se voit pas toujours, il y a ainsi chez moi quelque chose de :

l’élégance, du luxe froid de Francis Scott Fitzgerald, David Hokney, Claude Chabrol et Claude Sautet,

de la seconde vécue comme éternité de Edward Hoper et Raymond Carver,

du mysticisme, du mystère, de l’inquiétante étrangeté de l’art brut, chamanique et vaudou, de David Lynch, Oda Jaune, Cy Twombly, Paul Rebeyrolles, Peter Greenaway, Arthur Boyd, Sidney Nolan, Arthur Tess, Dario Argento,

de la marginalité et des affres de l’âme humaine souvent solitaire de Marguerite Duras, James Salter, Raymond Carver, Siri Hustvedt, Guy de Maupassant, Joris-Karl Huysmans, Herman Melville, Pascal Quignard, Paul Auster, Fred Deux, Lars von Trier ou même Manu Larcenet avec Blast,

de la suprématie des couleurs de Peter Doig, Pierre Alechinsky, Olivier Debré et Lorenzo Mattotti.

L’intelligence et la précision de Gilles Deleuze, Michel Serres, Thierry Delcourt et Catherine Breillat m’accompagnent aussi.  

Pour générer quelles caractéristiques esthétiques ?

 


 

 

Clins d'oeil partagés

Photographies de Marie-France Ducreux

 

Mai 2017

Effets de rouille
Effets de peinture
Reflets dans l’eau
Structures minérales ou végétales.
Le regard effleure
Se pose.  
L’ esprit entre en effervescence …
La scène apparaît différemment. Mon œil choisit le détail, la forme, la couleur. Dimensions autres et profondeurs insoupçonnées jaillissent dans mon objectif.

Pour cette exposition, j’ai rassemblé une trentaine de clichés pris au cours de mes déambulations  en France et au Canada.
Ces clins d’œil sont des invitations au  partage.
Chacun se laissera prendre par son propre imaginaire et s’émerveillera de la beauté du monde.
"Sur terre, ce ne sont pas les occasions de s'émerveiller qui manquent mais les émerveillés"., La Nuit de Feu, Eric Emmanuel Schmitt
Je dédie cette exposition à  tous  ceux qui, en dépit d’un monde en tumulte, se laissent encore émerveiller.


Les Ruines
Dessins d'Anne-Sophie Duca

Les Ruines : cités minérales
Nouvelles de Susanna Crossman


Avril 2017


 

Le projet Les Ruines est né de notre intérêt commun  pour la géologie, les ruines, l'héritage et la mémoire.

L'histoire des ruines est comme un cairn et chacune d'entre nous, ajoute une pierre à cet édifice.

Les dessins d'Anne-Sophie Duca représentent des ruines en lévitation. Elles sont comme des vestiges d'architectures passées ou des fragments du futur fossilisés dans les sols qui les ont forgés et soutenus. 


 



La nouvelles Les Ruines : Cités minérales, écrite par Susanna Crossman, donne à entendre les sentiments d'une femme face à la résurgence du passé.

 





 


L'Eternité
Photographies d'Aurélia Jaegger


Mars 2017
 

"Photos d’avant, photos jaunies, racornies, parfois froissées, elles ont, pour moi, le parfum entêtant de la mélancolie qui m’avait alors étreinte au souvenir de ce bonheur perdu et de ces vies consumées.

Il me semble que, pour faire perdurer cette douce nostalgie, j’ai besoin d’images anachroniques. J’ai besoin d’objets photographiques portant en eux la trace du temps, de la vie en marche, de celle-là qui laisse des marques, des cicatrices, une empreinte…

J’ai besoin de frapper mes instants de bonheur au fer rouge et ocre des contrastes du quotidien et du temps qui passe. Il me faut y imprimer la signature de notre fragilité, de notre condition mortelle. Je veux désespérément que mes images vieillissent avec moi, et que fassent écho, à mes rides naissantes, les stigmates du papier abîmé.

Alors frénétiquement je saisis, je prélève, j’isole, je conserve le souvenir du jour qui me glisse entre les doigts, laissant derrière moi à intervalles réguliers, ces petits bouts de papier imprimés, prématurément vieillis, témoins dérisoires de bonheurs trépassés."



 


 



 

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