Seuil

  • Jim Carrey est une star de cinéma adulée. Il a beaucoup de succès, on envie sa réussite et ses privilèges. Mais il est très seul. Il commence à vieillir, il prend du poids. Il passe des nuits à chercher de l'affection auprès de ses chiens de garde entraînés par le Mossad et à regarder des documentaires improbables sur Netflix. Il a tout tenté pour sortir de sa déprime : les régimes, les gourous, et même les bons conseils de son cher ami, acteur et collectionneur de crânes de dinosaures Nicolas Cage.

    Rien ne va, jusqu'au moment où il croise la route de Georgie. C'est l'amour de sa vie, il le sait, il le sent. Charlie Kaufman, scénariste de Dans la peau de John Malkovich, lui propose alors un rôle dans un film d'un nouveau genre, un film qui repousse toutes les limites existantes et qui lui permettra sûrement de remporter un Oscar.

    On dirait que l'horizon s'éclaircit enfin...

    Mais l'univers a d'autres plans pour Jim Carrey...

    Mémoires flous est bien un roman, qui interroge la notion d'identité. Jim Carrey et Dana Vachon ont écrit un livre hilarant, démesuré, cataclysmique par moments, qui dresse un portrait en creux plus vrai que nature de Carrey l'acteur, et de Hollywood. Satire mordante de la société du spectacle, et « semi-autobiographie », Mémoiresflous est un roman inclassable, comme Jim Carrey !

  • Né en Arcadie, dans une Grèce déchirée par l'Occupation et la guerre civile, le jeune Costa-Gavras n'aurait jamais pu imaginer nous emmener comme il le fait aujourd'hui là où il lui était impossible d'aller.

    Il arrive à Paris en 1955, immigré sans argent. Son rêve : suivre des études. Au hasard des rencontres, il découvrira la Sorbonne, la Cinémathèque d'Henri Langlois, et deviendra rapidement, après avoir fait l'Idhec, l'assistant des plus grands : René Clair, René Clément, Jacques Demy, Henri Verneuil, Jean Becker, Jean Giono, le tout muni d'une carte de travail qui excluait tout assistanat de mise en scène.

    Il passe à la réalisation avec un premier film coup de poing, Compartiments tueurs. Et enchaîne les succès internationaux avec Z, L'Aveu, Section spéciale, Music Box, Missing, Amen... Il est l'auteur de dix-huit films qui ont autant changé le cinéma que notre manière de voir le monde.

    Ses Mémoires retracent sa jeunesse, sa vie d'« avant », et fourmillent de détails sur Hollywood, les acteurs, les tournages, comme sur le rôle majeur qu'il a joué à la Cinémathèque française. On y croise bien sûr des légendes, Luis Buñuel ou John Ford, des actrices et acteurs tels Romy Schneider, Jessica Lange, Jean Seberg, Jack Lemmon, Marlon Brando, John Travolta ou Dustin Hoffman. Mais plus encore, ce livre redonne vie à une magnifique famille de pensée dont il suffit d'évoquer les noms - Yves Montand, Simone Signoret, Jorge Semprún, Salvador Allende, Arthur et Lise London, Chris Marker, Romain Gary - pour faire comprendre que Costa-Gavras a été nourri des plus grands rêves de notre époque, comme de ses combats les plus rudes.

  • Théâtre de ma vie Nouv.

    La vie de Myriam Boyer est un véritable roman qui commence dans les bars de la Mulatière, banlieue populaire près de Lyon, où l'emmenait son père, petit voyou bagarreur. D'abord comédienne sur les planches des théâtres lyonnais, la jeune mère du futur Clovis Cornillac décide de tenter sa chance à Paris. Pendant les auditions, il lui arrive de laisser son fils sous la surveillance des habitués des troquets des Buttes-Chaumont. Des hommes blessés qui l'inspirent, des femmes indociles dont elle sait mieux que personne restituer la grâce. Des frères et soeurs d'âme de la Berthe, mère-courage invalide qui a donné à sa fille le goût d'une liberté non négociable. Tout à la fois pudique et entière, Myriam Boyer revient sur les grandes heures de sa carrière, les tournages, les répétitions, le mélange de l'art et de la vie dans toute son intensité. Elle fait revivre des rencontres inoubliables avec d'autres élus d'une humanité cabossée, de Bernard-Marie Koltès à Patrick Dewaere, de Philippe Léotard à Simone Signoret dont elle dresse pour nous des portraits magnifiques.

  • Les photos d'Anny

    Anny Duperey

    • Seuil
    • 8 Novembre 2018

    Pendant une vingtaine d'années, Anny Duperey s'est passionnée pour l'art photographique, installant un laboratoire dans sa salle de bains, où elle passait des jours, et parfois des nuits, à développer ses pellicules et tirer elle-même ses images argentiques en noir et blanc.

    Elle commente ici, avec émotion, délicatesse et drôlerie, une centaine de ses photos préférées et inédites.

  • L'oeuvre d'Antoni Campañà n'est pas inconnue du grand public puisqu'il fut un des représentants du courant pictorialiste, et agit comme photographe pour des revues, auteur de cartes postales, photo-reporter, photographe de sport aussi. Son oeuvre, réputée et estimée, est analysée dans de nombreuses études sur la photographie espagnole. Elle est aussi visible aussi dans la collection permanente du Musée National d'Art de Catalogne. Cet ouvrage dévoile pour la première fois les archives du photographe catalan consacrées à la guerre civile. Des archives cachées, découvertes après sa mort par ses enfants dans des boîtes rouges remisées dans le garage de sa dernière demeure qui allait être démolie. 80 ans plus tard, donc, pas moins de 5000 images, tirées ou sur négatifs, retrouvent la lumière. Chaque photographie présentée ici est expliquée et contextualisée. La Catalogne en guerre est le coeur du livre : un reportage d'une force inouïe, saisi sur le vif. Mais Antoni Campañà, républicain, démocrate et croyant, amoureux de son pays et de ses traditions, chronique aussi la vie quotidienne, à la ville et aux champs, les fêtes, qu'elles soient religieuses ou folkloriques, avec un fort accent catalan. En contrepoint, il offre aussi une vue sur le joug de la dictature en marche avec l'entrée des troupes franquistes à Barcelone : un impressionnant document qui montre les blessures externes et les brisures internes de son pays. Une édition conçue par le journaliste Plàcid Garcia-Planas, l'historien Arnau Gonzàlez Vilalta et le photographe David Ramos.

  • Une fillette et son tueur devant une vitrine, une silhouette noire descendant un escalier, la jupe arrachée d'une kolkhozienne, une femme qui court au-devant des balles : ces images signées lang ou murnau, eisenstein ou rossellini, iconisent le cinéma et cachent ses paradoxes.
    Un art est toujours aussi une idée et un rêve de l'art. l'identité de la volonté artiste et du regard impassible des choses, la philosophie déjà l'avait conçue, le roman et le théâtre l'avaient tentée à leur manière le cinéma ne remplit pourtant leur attente qu'au prix de la contredire. dans les années 1920, on vit en lui le langage nouveau des idées devenues sensibles qui révoquait le vieil art des histoires et des personnages.
    Mais il allait aussi restaurer les intrigues, les types et les genres que la littérature et la peinture avaient fait voler en éclats.
    Jacques rancière analyse les formes de ce conflit entre deux poétiques qui fait l'âme du cinéma. entre le rêve de jean epstein et l'encyclopédie désenchantée de jean-luc godard, entre l'adieu au théâtre et la rencontre de la télévision, en suivant james stewart dans l'ouest ou gilles deleuze au paye, des concepts, il montre comment la fable cinématographique est toujours une fable contrariée.
    Par là aussi, elle brouille les frontières du document et de la fiction. rêve du xixe siècle, elle nous raconte l'histoire du xxe siècle.

  • LA 82

    ,

    • Seuil
    • 3 Octobre 2019

    En 1982, Hollywood est en pleine mutation. Les Cahiers du cinéma décident de consacrer un numéro spécial aux États-Unis, construit sur des rencontres avec des réalisateurs, des acteurs, des scénaristes, des producteurs, etc. On dépêche sur place une petite équipe, logée dans le légendaire Tropicana Motel, et Serge Toubiana a la magnifique idée de faire accompagner la mission par Raymond Depardon. Celui-ci participe à certains rendez-vous, mais il en profite pour errer dans la ville et mitrailler, attentif, curieux, en quête d'épiphanies. Portraits, scènes de rue, affiches et vitrines, décors, studios, réunions, voitures, lieux mythiques, il tient une sorte de journal de bord photographique.

    De son côté, le futur cinéaste Olivier Assayas, alors très jeune collaborateur de la revue, écrit le journal de ce périple largement improvisé d'un mois et demi, où rien n'est simple mais où tout (ou presque) finit par s'accomplir.

    Près de quarante ans plus tard, Olivier Assayas a retrouvé ses carnets. Et Raymond Depardon a ressorti toutes ses archives pour faire une sélection d'une bonne centaine d'images. Ensemble, à travers leurs regards croisés, ils nous offrent un formidable voyage dans la Cité des Anges.

  • Trois parties dans cette éducation sexuelle et intellectuelle d'un adolescent marocain.
    L'enfance, chaleureuse et chargée de sensualité au sein de sa famille. Le père a sa chambre, le
    grand frère la sienne. L'auteur dort avec sa mère et la troupe de ses soeurs (ils sont 13 enfants).
    Tout le monde suit de près les rituels amoureux des parents : étreintes suivies de déchaînements
    de jalousie.
    Il a 13 ans quand son grand frère qu'il admire - il lui prête des livres - l'emmène en vacances à
    Tanger. Il le voit nu et tombe amoureux. Choc violent. D'autant que le grand frère s'entiche d'une
    fille... affres du désir, de la jalousie, du sentiment d'une différence qui le bouleverse.
    A 20 ans, il atterrit à Genève. Brillant étudiant, il vient y finir ses études. Au Maroc, il est devenu
    l'amant d'un professeur suisse. Mais il l'a quitté. Cet homme l'étouffait sous son amour. Il espérait
    trouver en Europe la liberté. Mais seul, loin des siens, dans la grande ville, beaucoup le considèrent
    comme une « petite pute marocaine ».
    Le livre est à la fois cru et délicat, naïf et malin. Un itinéraire d'équilibriste où le ton balance entre
    humour et déchirement.

  • Rien n'est plus grave que l'acte photographique. Pour un écrivain, s'y livrer c'est signer chaque fois un « départ d'orgueil ». C'est aussi abandonner à tout bout de champ les simulacres et les stratégies, échapper à la contrainte des persuasions, à la subtilité obligatoire des enchaînements. J'ajouterais même : au savoir-faire, si je n'étais sûr du contraire, sûr qu'il s'agit là d'un leurre qu'on rajoute tous les jours au débat sous une forme différente. Tout gain de liberté (et chaque instantané photographique en gagne) va de pair avec une augmentation de savoir-faire. C'est ça qui fait le style. Et c'est le vertige éprouvé à leur course commune, au sursaut qu'ils font sur l'abîme, qui définit bien sûr cet art.

    /> D'où l'importance accordée tout au long de ce livre ? par le biais d'approches voulues aussi diversifiées que le sont l'essai, l'interview, la fiction, le journal intime, ou encore une série de photos commentées comme autant de schémas pensifs ? à la prise photographique elle-même, moment de sensation éperdue qui dit textuellement ceci : toute photo est une intelligence qu'épuise une lumière.

    Les lucioles disparaissent peu à peu, cantonnées dans quelques réduits occasionnels de la nature. Mais tandis que ces charmants animaux à la lumière se font rares, nous autres photophores prenons le relais. La fabrication des photos ne laisse rien dans l'ombre, et surtout pas l'instant de folie pure qu'abrite le déclenchement de la photo.

    Devant la gravité de telles certitudes, l'écrivain que je suis est renvoyé à la solitude, à l'angoisse, à la pénombre de sa durée. Mais à la beauté aussi, circulant entres elles et lui, qui valait bien le voyage.

    Chaque photo répète la phrase de Proust : « Nous disions : après, la mort, après, la maladie, après, la laideur, après, l'avanie ».

    On verra bien.

    Denis Roche.

  • Le XXe siècle a été le siècle du déplacement et de l'exode. Depuis la fin de la guerre froide, la crise mondiale des réfugiés est toujours d'actualité. En fait, à la suite des récents conflits en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique centrale, le nombre de réfugiés est en augmentation régulière..

    Au cours des premières décennies du XXe siècle, la Première Guerre mondiale et les années qui ont suivi ont vu un développement spectaculaire de la diffusion d'images sur les diverses tragédies humanitaires, produites et diffusées par des individus et des organisations dédiés à l'aide et au secours de populations en danger. De grandes ONG ont engagé des photographes pour documenter la violence de la guerre ainsi que la vie dans le campus des réfugiés. Des photographes légendaires du XXe siècle, tels que Robert Capa ou Margaret Bourke-White, ont veillé à ce qu'un enregistrement visuel soit préservé de la guerre civile espagnole, de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre du Vietnam...

    Ce livre retrace l'histoire de réfugiés du début de la Première Guerre mondiale à la crise actuelle des réfugiés en Syrie, dans les Balkans, en Méditerranée et à la frontière américano-mexicaine à travers des photographies emblématiques. Il remet également en question l'utilisation de la photographie à des fins humanitaires. Les perceptions du public à l'égard des réfugiés sont façonnées par la façon à travers laquelle elles sont le plus souvent présentées : par le drame et la victimisation. Les bateaux, les camps et les foules dominent ce paysage. Certains photographes en activité ont commencé à élargir cette vision étroite en donnant aux réfugiés un rôle déterminant dans la manière dont ils sont représentés, en promouvant la dignité des sujets ou en explorant des approches visuelles plus créatives. Cet ouvrage témoigne de leur travail.

  • Au cours des années 1992 et 1993 avant la maladie qui l'emporta, Fellini a raconté et raconté encore... avec sa capacité à transformer ses pensées et ses émotions en images, il s'est livré sur son métier si particulier, de ce trait un peu caricatural et ironique, virevoltant, à la manière dont il manipulait crayons de couleurs et feutres lorsqu'il préparait ses films. Rita Cirio Ce livre d'entretiens est donc le dernier publié du vivant de Fellini. Il constitue une source inépuisable d'informations sur ses collaborations avec les comédiens, les scénographes, les techniciens, les scénaristes et les producteurs. Il offre une sorte de porte ouverte sur son atelier d'artiste. Avec une extrême précision et une grande liberté de ton, Fellini parle des conditions de tournage de ses films, de son inspiration, de son travail de directeur d'acteurs et de créateur.

    Cet échange riche et intime s'accompagne de nombreuses photographies de tournages, d'affiches, d'esquisses et de dessins de Fellini lui-même.

    Il ne s'agit donc pas ici du portrait d'un simple artiste, mais de celui d'une icône qui a imprégné la culture de l'après-guerre en Italie durant un demi-siècle, qui a donné la couleur de ses fantasmes et de son imagination au cinéma mondial.

  • Ce livre est né du désir très ancien de Raymond Depardon de photographier la France, avec vérité, en guettant les traces de l'homme sur le territoire, un peu à la manière dont le photographe Walker Evans - admiré de Raymond Depardon - a photographié les Etats-Unis au début du XXème siècle.
    Les photographies sont prises, comme au tout début de l'histoire de cet art, à l'aide d'une chambre posée sur un pied, contrainte qui a aidé l'artiste à ne faire qu' " une " photographie de chaque lieu, à assumer l'angle de vue, à voir frontalement.
    Raymond Depardon a visité presque toutes les régions de France, dans un fourgon aménagé. Il s'est totalement imprégné des lieux. Il s'est concentré sur les sous-préfectures - espace jusque-là fui par l'artiste, désormais saisi du désir de le comprendre, afin de voir quelle était la relation de l'homme à son espace de vie.
    L'album regroupe trois cents photographies en couleurs, grand format. Il est assorti d'une préface de Raymond Depardon.
    C'est la France réelle. Le livre est coédité avec la BNF. Les photographies y feront l'objet d'une grande exposition

  • Le 20 octobre 1917 naissait Jean-Pierre Grumbach, alias Melville, l'un des plus grands cinéastes du xxe siècle. À l'occasion du centenaire de sa naissance, ce portrait en huit poses épouse les différentes faces, parfois contradictoires, souvent ambiguës, de la vie de cet homme insaisissable, à travers des recoupements féconds avec sa filmographie. Peu de livres existent sur Melville, réalisateur pourtant adulé à l'étranger, célébré en France, étudié à l'université. Ce beau livre sur son oeuvre et sa vie, croisant ses archives personnelles et des photographies en grande partie inédites, est un document d'importance pour la transmission cinéphilique et le rayonnement de son travail. Un livre trouble et haletant comme un «film noir», chaque chapitre devenant un nouveau rebondissement de cette existence - de la jeunesse de Jean-Pierre Grumbach, son engagement dans la Résistance, à l'invention d'une figure mythique au stetson, de la construction des Studios Jenner à l'incendie de son temple du cinéma, du précurseur de la Nouvelle Vague au maître du «polar». Un ouvrage pour comprendre celui qui, dans À bout de souffle, incarnant l'écrivain Parvulesco, répondait à la question de Jean Seberg «Quelle est votre plus grande ambition dans la vie?» par cette formule légendaire: «Devenir immortel. Et puis... Mourir.»

  • Les médias sont en crise. Pas seulement la presse écrite, dont les soubresauts font chaque jour l'actualité, mais toute la chaîne de production de l'information. Journaux, radios, télévisions, pure players sont tous à la recherche d'un nouveau modèle économique. Ce livre, qui repose sur une étude approfondie du fonctionnement des médias en Europe et aux États-Unis, propose de créer un statut de « société de presse à but non lucratif » sur le modèle des grandes universités internationales, conciliant activité commerciale et non-lucrativité. Ce modèle permet d'une part de sécuriser le financement des acteurs médiatiques, d'autre part d'encadrer le pouvoir des actionnaires par des statuts contraignants. Il offre une place nouvelle aux sociétés de lecteurs et de rédacteurs, et un cadre juridique favorable au développement du crowdfunding.
    Il en va de notre démocratie : oeuvrer pour des médias indépendants de leurs actionnaires, des annonceurs et des pouvoirs publics, mais dépendants de leurs lecteurs. En d'autres termes, il s'agit d'inventer un modèle économique adapté à la révolution numérique et aux enjeux du XXIe siècle.

  • J.o.

    Raymond Depardon

    • Seuil
    • 7 Mai 2004

    L'album J.O regroupe les photographies que Raymond Depardon a faites des athlètes et aussi de ce qui advenait autour des compétitions, à partir des jeux de Tokyo en 1964 jusqu'à ceux de Moscou, en 1980. Il y a donc Mexico (et les émeutes) en 1968, Munich en 1972 ( et la prise d'otages sanglante), Montréal en 1976, et aussi les Jeux d'hiver à Grenoble, inaugurés par de Gaulle, et qui voient le triomphe de « King Killy » sous les yeux de Mendès-France.
    Les photographies de sport sont originales et superbes. Elles sont aussi un rappel historique, car à l'occasion des jeux, beaucoup de l'évolution du monde s'est manifestée, comme le souligne le texte écrit par Depardon.
    L'album produit ainsi un « effet-souvenir » très plaisant pour ceux qui ont suivi les Jeux à la télé, qu'ils soient passionnés de sport ou simples amateurs.
    Les photographies de sport d'un grand photographe et un album souvenir.
    Raymond Depardon publie au Seuil, au même office, un livre de dialogues entre prévenus et juges, accompagnés de photographies de l'univers carcéral, Paroles prisonnières.

  • Gérard Philipe, biographie

    Gérard Bonal

    • Seuil
    • 14 Novembre 2019

    Il est mort si jeune, il est mort si vite - le 25 novembre 1959, âgé d'à peine trente-sept ans - que son image s'est figée, définitivement fraîche et séduisante. De cet éternel jeune homme le temps a fait un mythe. Comme si le public avait compris que tous les engagements du comédien, artistiques et politiques, représenteraient un jour, aux yeux de l'histoire, le visage même des années cinquante.
    De son premier rôle, en 1943, jusqu'à sa dernière apparition sur les écrans, Gérard Philipe a incarné le héros idéal de la France de l'après-guerre: Fanfan la Tulipe, Rodrigue ou Julien Sorel... Au cinéma comme sur la scène du TNP de Jean Vilar. Vingt pièces de théâtre, trente films : c'est le bilan d'une carrière passionnée, rigoureuse, celle d'un acteur engagé dans son temps, celui de la « guerre froide », de l'affrontement des deux blocs, soviétique et américain.
    Gérard Philipe avait jalousement caché à tous le drame qui le frappait : la condamnation de son père par les tribunaux de l'épuration en 1945. Cette nouvelle édition, grâce à des documents familiaux pour la première fois exploités, revient sur ce douloureux épisode et l'éclaire d'une troublante lumière.

  • « Si j'écris ces notes à la première personne du singulier, je sais qu'elles sont écrites à la première personne du pluriel. Mon frère. Je ne pourrais pas faire ce film sans lui et il ne pourrait pas faire ce film sans moi. Ses questions sont les miennes. Souvent ce sont les siennes qui me poussent à écrire ces notes comme le transcripteur d'une réflexion, d'une pensée partagée. C'est la même
    chose pour le scénario. Je tiens la plume, mais elle écrit à deux mains. (...) Que nos images ne soient pas un destin. Qu'elles arrachent les volets de la chambre mortuaire où nous étouffons. Qu'elles ne tombent pas dans la caricature qui enferme les personnages. (...) Habiter un petit pays
    comme le nôtre. Ne pas fréquenter le milieu du cinéma. L'isolement nécessaire (....) » L . D .
    Luc Dardenne est cinéaste. Il a réalisé avec son frère Jean-Pierre Dardenne, notamment, La Promesse (1996), Rosetta (Palme d'Or au festival de Cannes, 1999), Le fils (2002)

  • Glasgow

    Raymond Depardon

    En 1980, Raymond Depardon réalise une commande pour le Sunday TimesMagazine sur la ville de Glasgow mais le reportage ne sera jamais publié.
    Les images resteront dans les cartons du photographe jusqu'à l'exposition Un moment si doux au Grand Palais (14 Novembre 2013 - 10 Février 2014) où le public découvre une partie de la série Glasgow et s'émerveille : Depardon saisit la lumière d'Écosse comme jamais et sublime la fin d'un monde ouvrier. Les ciels nuageux et les sols détrempés de Glasgow apportent une beauté inouïe à l'errance d'un peuple ouvrier désouvré, traînant le long des devantures de magasins, marchant contre les murs d'usines ou jouant au pied d'habitations en ruine.

  • Le 21 octobre 1967, Marc Riboud se trouve à la grande manifestation contre la guerre du Vietnam à Washington. L'une de ses photos, La Jeune Fille à la fleur, va faire le tour du monde, devenant un symbole de la non-violence. On en découvre ici l'histoire et les coulisses, grâce au regard de Philippe Séclier, nourri d'archives et d'entretiens avec le photographe disparu en 2016. Jan Rose Kasmir, la jeune fille à la fleur, signe la postface.

  • Raymond Depardon, a, depuis le début de sa carrière (comme photographe reporter) jusqu'à aujourd'hui, effectué de nombreux voyages au Vietnam.
    Les 158 photographies présentées dans cet ouvrage, noir et blanc, imprimées en trichromie et à fond perdu, ont été réalisées en 1964-1965, puis en 1972 et 1994, et enfin en 2013. Raymond Depardon y a glissé ici et là de courts textes commentant la photographie de la page en regard.
    Cette succession impressionnante d'images constitue une sorte d'histoire fragmentaire du Vietnam et notamment de la ville de Saigon qui s'est radicalement transformée au fil des décennies. Les hommes sont le grand sujet de ce livre : des portraits de toute beauté ornent les pages et nous retrouvons le Depardon grand-reporter, avec des photos stupéfiantes sur la misère et la violence. Jusqu'à ce que, bien plus tard, en 2013, l'architecture prenne le dessus pour montrer un Saigon métamorphosé.

  • Walker Evans (1903-1975) est avec Alfred Stieglitz, Edward Weston et Paul Strand l'une des figures majeures de la photographie américaine. Imprégné de littérature française, qu'il vint étudier à Paris en 1927, Evans entra dans la carrière, à la fin de cette même année, en photographiant les rues de New York. Sous l'influence de Lewis Hine et surtout d'Eugène Atget, il définit les règles d'un "style documentaire" qu'il allait appliquer avec rigueur et inventivité à l'environnement social et culturel de l'Amérique de son époque, celle de la
    Grande Dépression, de la guerre et des années qui suivirent.
    Le livre de Gilles Mora et John T. Hill aborde pour la première fois l'oeuvre intégrale de Walker Evans. Il restitue cette oeuvre à travers ses "projets" successifs, comme l'avait conçue son auteur, dans la continuité de sa chronologie. On y découvrira les images d'architectures victoriennes, les reportages sur La Havane et le Sud des Etats -Unis, les portraits pris dans le métro de New York, les séquences complètes de la célèbre exposition «American Photographs» de 1938, publiées ici selon l'ordre de leur présentation. On y trouvera aussi le choix initial des photographies destinées au livre culte Louons maintenant les grands hommes que signèrent Evans et l'écrivain James Agee, tout comme les portfolios parus dans le magazine Fortune, entre 1945 et 1965, et les expérimentations en couleurs menées par Evans à la fin de sa vie.

  • La terre des paysans

    Raymond Depardon

    • Seuil
    • 4 Septembre 2008

    Le volume est constitué de 120 photos, sur 160 pages, avec une courte préface de l'auteur et des légendes reprenant soit des textes de l'auteur, soit des extraits des dialogues des personnages photographiés (tirés des films et des reportages).
    Le sujet est celui qui tient le plus à coeur de Depardon : les paysans. On sait que lui-même est né dans une ferme et que son frère est toujours agriculteur. L'album commence par des photos de la ferme du Garet, où il né, et des photos de ses parents et de sa famille. Suivent les photos que Depardon a faites, depuis une trentaine d'années et particulièrement pendant une période de 10 ans, tandis qu'il préparait puis tournait les 3 films qu'il a consacrés aux paysans de moyenne montagne, suivant, d'année en année, les mêmes personnages, certains jusqu'à leur mort.
    Il se dégage de l'ensemble, outre la grande qualité des photos, l'impression d'un voyage dans un monde tout proche de nous et extrêmement émouvant.
    Il y a 10 ans, il intéressait peu le public ou alors seulement par la nostalgie apitoyée. Aujourd'hui, l'agriculture revient au premier plan des préoccupations, en France et dans le monde. L'album prend ainsi tout son sens.

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