• « Conçu à la mi-mars 1821 d'un coup de reins que j'ai toujours eu quelque peine à imaginer je suis né le mercredi 12 décembre à quatre heures du matin. Il neigeait sur Rouen, une légende familiale prétend que ma mère se montra si stoïque pendant le travail qu'on pouvait entendre tomber les flocons sur les toits de la ville. Quant à moi, je serais bien resté quelques années de plus dans le ventre à l'abri de l'imbécillité du monde.
    Désespéré de naître j'ai poussé un atroce hurlement. Épuisé par mon premier cri je semblais si peu gaillard qu'on attendit le lendemain pour me déclarer à l'état civil car si j'étais mort entre-temps on en aurait profité pour signaler mon décès par la même occasion ».

    Le 8 mai 1880 au matin Gustave Flaubert prit un bain. Il décéda peu après dans son cabinet de travail d'une attaque cérébrale sans doute précédée d'une de ces crises d'épilepsie dont il était coutumier. Allongé dans l'eau il revoit son enfance, sa jeunesse, ses rêves de jeune homme, ses livres dont héroïnes et héros viennent le visiter. Il se souvient d'Élisa Schlésinger, la belle baigneuse de Trouville qui l'éblouit l'année de ses quinze ans, de Louise Colet dont les lettres qu'il lui adressa constituent à elles seules un chef-d'oeuvre mais aussi de l'écrivain Alfred Le Poittevin qui fut l'amour de sa vie.

  • Papa

    Régis Jauffret

    Le 19 septembre 2018, dans un documentaire sur la police de Vichy, Régis Jauffret aperçoit son père au pied de son immeuble marseillais. Les mains liées, terrorisé, il est arrêté par deux agents de la Gestapo. Cet événement de 1943, personne n'en a connaissance, pas même son épouse Madeleine rencontrée après-guerre. En outre, de notoriété familiale, il n'était ni résistant, ni collabo. À travers l'enfance du fils, la recherche de l'origine de ces images d'archives bouleversantes, c'est bien la vie du père, Alfred, qui se déploie. Une renaissance.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Comme dans le précédent volume (Blanche, 2007), ce nouveau Microfictions rassemble cinq cents petites histoires classées par ordre alphabétique, d'« Aglaé » à « Zéro baise ». On traverse ce livre comme on traverse une foule, immergé dans le banal des vies ordinaires tout à la fois touchantes, cruelles, monstrueuses. C'est aussi la description surprenante de personnages pris en étau dans notre époque. Des histoires à la fois édifiantes et dérisoires, comme le drame d'un couple qui élève une enfant autiste, le quotidien d'un enseignant désabusé par ses élèves, un banquier qui a raté sa vie, le combat d'un vieil homme que son fils tente d'euthanasier contre son gré, une femme privée de la garde de ses enfants à cause de ses addictions, un chirurgien esthétique fasciné par les qualités de ses prothèses sexuelles, un couple qui exploite le manège du Luxembourg jusqu'à s'en rendre malade, un enfant mal aimé qui poignarde sa mère...
    On perçoit les nouveaux contours de ce monde miné par la mégalomanie, presque totalement arraisonné par le numérique et où les situations les plus ordinaires menacent en permanence de déraper dans le conflit et l'absurde.

  • Microfictions

    Régis Jauffret

    « Je est tout le monde et n'importe qui. » Régis Jauffret.

    Livre monstre, Microfictions rassemble cinq cents histoires tragi-comiques comme autant de fragments de vie compilés. De A à Z, d'« Albert Londres » à « Zoo », ce roman juxtapose le banal de vies ordinaires tout à la fois fascinantes, cruelles, monstrueuses, à travers le quotidien d'un journaliste cynique, d'un cadre déphasé, d'un vieillard pédophile, d'un flic, d'un voyou, d'un SDF, ou d'un enfant mal aimé, incarnations successives d'une humanité minée par la folie, le désespoir, et qui pourtant se bat et espérera toujours. Le lecteur traverse ce livre comme une foule, il reconnaît certains visages, et croit parfois apercevoir sa propre silhouette au détour d'une page.
    />

    Ajouter au panier
    En stock
  • Cannibales

    Régis Jauffret

    Noémie a quitté Geoffrey. Elle s'en plaint à son ancienne belle-mère, Jeanne, et trouve chez elle un soutien. Dans des lettres passionnées, l'amante bafouée et la génitrice furieuse rêvent de vengeance, prévoyant de sacrifier l'odieux représentant de la race pénienne. Ensemble, elles rêvent de le tuer, de le faire rôtir, de se repaître de ses chairs persillées...

  • Bravo

    Régis Jauffret

    La vieillesse est le véritable héros de ce livre qu'incarnent des fous, des sages, des braves gens et des infirmes - de 55 à 125 ans. Quand l'un finit castré pour avoir passé toute une vie à persécuter sa femme, l'autre revend les organes de son épouse handicapée. Il y a aussi cette vieille bourgeoise cruelle et aigrie, agonisant ses enfants d'injures ou encore cet homme, étonné du mandat international lancé contre lui suite au viol d'une fillette.
    Dans cette danse macabre, ces seize "petits vieux" parcourent le peu de chemin qu'il leur reste.

  • Claustria

    Régis Jauffret

    28 avril 2008, dans une petite ville d'Autriche une mère sort avec trois de ses enfants de la cave où elle a vécu dans une claustration absolue durant vingt-quatre années. Violée par son père, elle les a mis au monde dans cette prison sans fenêtre. Sur place, l'auteur a découvert de nouveaux éléments qui remettent en cause l'enquête de la police. Claustria est le roman de cette histoire unique.

  • Asiles de fous

    Régis Jauffret

    " vous avez dû trouver cette famille étrange, mais plus encore que les histoires d'amour, toutes les familles sont des asiles de fous.
    " dans asiles de fous, régis jauffret décline à travers une banale histoire de rupture son thème majeur : l'exploration de la folie ordinaire. névroses domestiques, dérèglements psychiques au quotidien, rien n'en sort indemne, ni le couple, ni l'amour, encore moins la famille. une réflexion cynique et burlesque, portée par une écriture tendue, minutieuse et puissamment expressionniste.

  • Sévère

    Régis Jauffret

    Ils se sont rencontrés un soir de printemps. Elle est devenue sa maîtresse. Il l'a initiée au maniement des armes. Il lui a fait cadeau d'un revolver. Elle lui a tiré une balle entre les deux yeux. On n'a jamais vraiment su quel était son mobile. Après avoir tué l'objet de son amour, on ne sait jamais pourquoi on a fait le contraire d'aimer.

  • De sa plume affûtée comme un scalpel, Régis Jauffret dissèque la vie conjugale et familiale pour en extraire le foisonnement des sentiments, tantôt émouvants, tantôt burlesques ou cruels. À chaque page, il décortique l'amour et le désir pour en révéler les espoirs comme les fêlures.

  • Accusé de viol par une femme de chambre d'origine africaine, le président d'une institution financière internationale est incarcéré pendant quelques jours à Rikers Island, immense prison américaine. Libéré sous caution, les poursuites sont finalement abandonnées, mais la carrière et la vie privée de cet homme sont désormais brisées.

  • "j'ai été réveillé par l'irruption de deux inspecteurs de police dans la chambre.
    Elle était là, elle remontait le rideau roulant. dehors il faisait jour, j'avais dormi d'un trait. ils m'ont sommé de m'habiller et de les suivre. - pourquoi ? ils m'ont jeté mes vêtements à la tête. - dépêchez-vous. quand j'ai été vêtu ils m'ont passé les menottes. je me suis dit que je ne savais même pas son prénom. en sortant de l'appartement, j'ai vu son nom sous la sonnette, elle s'appelait sophie galot.
    Au commissariat, ils m'ont expliqué qu'elle avait porté plainte contre moi pour viol. ".

  • Clemence picot

    Régis Jauffret

    " je m'appelle clémence picot.
    Je viens d'avoir trente ans. je suis infirmière de nuit. a la clinique, je croise parfois dans le hall ma collègue qui assure la garde du rez-de-chaussée. nous nous saluons d'un hochement de tête. je m'occupe du premier étage. en début de soirée, je distribue des hypnotiques aux insomniaques. ma tournée terminée, je m'assois dans l'infirmerie et j'attends. certaines nuits, les lumières du tableau d'appel ne cessent de clignoter.
    Mais souvent les malades m'oublient, je peux même somnoler sur un lit de camp ou écouter la radio. la musique m'ennuie, je n'aime que les confidences des auditeurs. au matin, l'infirmière major vient me remplacer. elle voudrait entamer une conversation, mais je préfère m'en aller. "

  • Lacrimosa

    Régis Jauffret

  • «univers, univers est un roman, mille romans. Il raconte une histoire, mille histoires. Il plonge dans les profondeurs du cerveau d'une femme qui fait cuire un gigot tout au long du récit, sans savoir s'il est destiné à sa famille dont elle ne se souvient plus, ou à des amis monstrueux, les Pierrot, qui organisent dans leur propriété des réceptions où l'on tire à balles réelles sur les invités. Devant son four, sur sa terrasse, elle se laisse emporter dans l'espace, le temps, elle visite les continents, les planètes, s'invente des destins à des époques lointaines, dans d'autres galaxies, ou à l'étage du dessus au milieu de ses voisins improbables. Pourtant, elle ne cesse de ressembler étrangement à une de ces femmes banales qu'on s'excuse d'avoir bousculée dans la foule.»
    Régis Jauffret.

  • Je vais vous révéler un secret, j'ai été enfant moi aussi, et tout autant que vous je m'en allais à l'autre extrémité du globe, de l'univers, et je me réchauffais au lieu des étoiles, tout en rentrant chez moi, chargé de livres et de cahiers, après les heures assommantes d'école.
    L'enfance est un rêve d'enfant, c'est toute cette existence infinie, cette liberté absolue, perdue, que j'ai eu la chance de retrouver. un matin, un soir, à midi, je ne sais plus très bien, mon enfance m'est revenue soudain, elle était là sur le pas de ma porte comme un chat égaré. je l'ai abreuvée d'orangeade, nourrie de malabar, et elle m'a emporté avec mes amis gabriel et corentin en voyage dans la france de 1965, à la recherche du général de gaulle.

  • Comme dans le précédent volume paru en 2007 dans la Blanche, ce nouveau « Microfictions » est un livre hors normes qui rassemble cinq cents petites histoires. Les textes sont classés par ordre alphabétique, d'«Aglaé» à «Zéro baise». Le livre juxtapose le banal de vies ordinaires tout à la fois touchantes, cruelles, monstrueuses, à travers, par exemple, le drame d'un couple qui élève une enfant autiste, le quotidien d'un enseignant désabusé par ses élèves, les hallucinations d'une femme qui voit un ange se poser sur son épaule avant de l'emporter vers l'au-delà, un père et sa fille atteints tous les deux d'un terrible cancer, un banquier qui a raté sa vie, le combat d'un vieil homme qui ne veut pas que son fils l'euthanasie pour se débarrasser de lui... C'est également la description surprenante de personnages pris en étau dans notre époque, des histoires à la fois édifiantes et dérisoires, un directeur de maison de retraite aux méthodes peu conventionnelles, une femme qui est privée de la garde de ses enfants à cause de ses addictions, le directeur d'une clinique de chirurgie esthétique fasciné par les qualités de ses prothèses sexuelles, un couple qui exploite le manège du Luxembourg jusqu'à s'en rendre malade, ou un enfant mal aimé qui poignarde sa mère... Des situations banales qui dérapent en fait divers, des personnages ordinaires qui sont autant d'incarnations successives d'une humanité minée par la mégalomanie, le désespoir, et qui pourtant se bat et continue d'espérer en une situation meilleure.
    Avec ce livre, l'auteur renoue pleinement avec la fiction. Le dispositif mis en oeuvre ici s'apparente au précédent « Microfictions ». On traverse le livre comme on traverse une foule.
    On y reconnait les multiples visages de notre contemporain, comme autant de fragments de vie compilés. Régis Jauffret recherche l'effet d'accumulation pour amplifier le réel. Il fait jaillir du drame, le cocasse, ou de l'amour, la cruauté. Dans ces « mircrofictions 2018 » on perçoit les nouveaux contours de ce monde qui a été presque totalement arraisonné par le numérique depuis dix ans et où les situations les plus ordinaires menacent en permanence de déraper dans le conflit et l'absurde.

  • Autobiographie est l'histoire hilarante de quelqu'un qui cherche à survivre, à jouir même, si c'est possible, mais qui est absolument indifférent à la souffrance des autres qu'il méprise tout autant que lui-même. Ce roman est rapide parce qu'il est dense. Les mots sont juxtaposés l'un à l'autre comme des neurones. On peut lire cette histoire d'une seule traite, car elle renferme une foule d'événements et les comprime jusqu'aux limites du vocabulaire et de la syntaxe.

  • Stricte intimite

    Régis Jauffret

    Trois jours durant une vieille dame soliloque, en tête à tête avec un époux dont la mort fait soudain le plus terrifiant des étrangers. Trois jours de stricte intimité avant l'inhumation, trois jours où la souffrance autorise les mots que la décence interdit.
    Son deuil ? La vieille dame ne songe qu'à le déserter. Ses enfants ? Elle redoute leur compassion maladroite. Elle veut échapper au ballet des professionnels de la mort, aux premiers souvenirs, à l'appartement où la chaleur la suffoque et l'ombre la menace, au temps qui refuse de s'écouler.
    Elle s'égare, elle s'épuise, elle cherche un salut dans la fuite. Mais ici-bas, toujours, le mort saisit le vif, et la vieille dame doit se soumettre au destin. L'effroi se fait alors attirance, et la chambre mortuaire devient le plus doux des refuges.

  • Tibère et Marjorie

    Régis Jauffret

    Quand il est arrivé un soir de pluie, elle a rompu. Marjorie n'aime plus Tibère ou elle l'aime trop, elle ne sait plus. Une chose est sûre : elle a peur du sexe de son conjoint et ne compte que sur ses sex-toys. Alors elle lui demande de la quitter. Leur dernière nuit ensemble se termine aux urgences. Dans la nuit d'errance qui suit, la solitude et la cruauté se croisent autour du couple usé que forment Tibère et Marjorie.

  • Les jeux de plage

    Régis Jauffret

    Ouvrez-moi les veines, en sortiront des fictions, des destins, toutes ces vies qui se déroulent en parallèle autour de nous du seul fait que quelqu'un les a imaginées.

    Je vous raconterai des histoires jusqu'au jour oú j'en deviendrai une, une vieille histoire, un conte à dormir debout, et plus personne ne se souviendra du prince, du hibou, de l'arbre aux haricots magiques. on ne se demandera même pas qui est ce gnome improbable qui a écrit les jeux de plage. ce petit livre se sera enfoncé dans le sable.

  • Promenade

    Régis Jauffret

    La vie est une promenade, on va, on vient, on s'achemine.
    Les êtres se succèdent sans qu'on les reconnaisse. On les devine du bout des antennes comme des corps posés sur le tapis roulant de l'espèce. L'angoisse bat, palpite à la place du coeur. Le cerveau est une chambre de torture où on n'ose pas hurler de crainte d'exaspérer la douleur. Les décennies de l'existence s'entassent l'une sur l'autre comme des cubes. On les traverse hagard, sans éprouver à chaque instant l'émerveillement de se trouver là.
    Juste avant de basculer vient l'instant vers lequel sans le savoir on se dirigeait depuis l'origine. Tout s'éclaire, s'illumine, le bonheur embrase l'horizon comme une pluie de soleils. On n'a pas le temps de se dire que la promenade valait la peine malgré tout. Les lumières se sont déjà éteintes, on n'aura existé que pour cette joie immense et brève. R.J.

empty