• La libye antique

    Claude Sintès

    Jusqu'à la fin du xixe siècle, les quelques rares voyageurs occidentaux venus en libye pouvaient y contempler des ruines mystérieuses émergeant des sables du désert.
    En 1911, alors que le pays est devenu colonie italienne, les archéologues transalpins reconstituent les grandes métropoles antiques de cyrène, ptolémaïs, leptis magna, sabratha..., remontant pierre par pierre les monuments les plus emblématiques. ces travaux pionniers, poursuivis par les libyens après l'indépendance du pays, en 1951, ont permis de mieux connaître l'histoire de cette terre d'afrique, entre sahara et méditerranée.
    Au viie siècle avant j.-c., les grecs implantent en cyrénaïque, non loin de l'égypte, une colonie puissante, bientôt célèbre pour ses athlètes, ses chevaux et la beauté de ses temples. mille kilomètres à l'ouest, en tripolitaine, des comptoirs commerciaux, fondés par carthage, voient leur physionomie radicalement transformée à l'époque romaine. ainsi, au iiie siècle, l'empereur septime sévère fait de leptis magna, sa ville natale, une rome des sables.
    Claude sintes retrace la redécouverte d'un patrimoine archéologique largement méconnu et éclaire l'importance de la libye dans la civilisation gréco-romaine.

  • Depuis quelques années, les médias nous montrent les pirates somaliens ou nigérians assaillant les portes-containeurs et les pétroliers. Dans l'Antiquité, les Romains connurent une situation presque similaire : apparue sur les rivages désolés de l'Anatolie du Sud, en Cilicie, une forme particulièrement virulente de piraterie se combina avec d'autres pirateries plus localisées pour gagner peu à peu tout le bassin méditerranéen et finalement gêner leur expansion.
    Cet ouvrage donne toutes les clés pour comprendre « de l'intérieur » cette piraterie antique : pourquoi devient-on un pirate ?
    Quelles étaient ses tactiques, ses ruses ? De quels bateaux se servaitil ? Comment choisissait-il son butin ? Comment le partageait-il avec ses compagnons d'arme ? Pouvait-on se défendre lorsqu'il attaquait ?
    Dans une deuxième partie, l'ouvrage expose la célèbre anecdote de César prisonnier des pirates et les efforts déployés par le Sénat romain pour éliminer ces redoutables forbans. Souvent irrésistibles sur la terre ferme, les Romains connurent sur la mer bien des difficultés devant ces ennemis insaisissables, réfractaires à tout traité, que le peuple haïssait plus que tout autre. Seul leur meilleur général, Pompée, en viendra à bout après une audacieuse campagne éclair. Fait remarquable, plutôt que de les condamner à la crucifixion comme l'auraient exigé les usages du temps, il eut l'intelligente générosité de leur octroyer les moyens de se sédentariser.

  • La mer pour les Anciens n'est ni bleue ni verte, mais violette, ou vineuse, et versatile. Dans ces pages pleines de sel et d'embruns on lira les craintes et les espoirs de ceux qui vont en mer, les plaintes et les angoisses de ceux qui restent à terre. On naviguera au commerce, à la plaisance ou au cabotage, avec des équipages aguerris, aux ordres de capitaines qui se repéraient aux étoiles pour maintenir leur cap, sans instruments, sans cartes mais avec un sens marin confondant. Malgré les prières adressées aux dieux on croisera parfois la route peu recommandable d'un pirate et on essuiera des tempêtes monstrueuses.
    Plus de 100 extraits, issus des traductions Belles Lettres, rassemblés et assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture, racontent le quotidien de ceux qui vont sur l'eau ainsi que les créatures extraordinaires qui la peuplent, tantôt bénéfiques comme les Néréides, tantôt maléfiques comme les Sirènes ou le gouffre Charybde.

  • Destinés aux sourds et aux malentendants, les ouvrages de la collection " Lex'signes " proposent d'accroître le vocabulaire de l'histoire de l'art en langue des signes françaises (LSF). À travers 200 définitions et une iconographie explicite, ce nouveau volume convie à la découverte des mondes grec et romain. Divisé en six chapitres, il éclaire en mots et en images les grands thèmes de ces deux civilisations : l'architecture et l'urbanisme, la vie politique et sociale, l'armée, la vie religieuse, la vie quotidienne et enfin les loisirs.

  • La Libye antique réunit deux régions qu'éloignent les rives désolées de la Grande Syrte et qu'opposent le climat, la géographie et l'histoire : la Cyrénaïque, à l'est, au relief tourmenté, îlot fertile parmi les espaces désertiques ; la Tripolitaine, à l'ouest, plate et sablonneuse, souvent aride.
    La première, colonie de Théra (Santorin), reste en contact étroit avec la Crète et la Grèce, tandis que la seconde se développe à partir des comptoirs commerciaux de Carthage. L'unification politique, due à Rome, l'unité spirituelle, réalisée par le christianisme puis par l'islam, ne supprimeront jamais cette dualité, encore perceptible aujourd'hui. Un égal rayonnement, toutefois, les unit, au long des treize siècles séparant la colonisation grecque (640 av.
    J.-C.) de la conquête arabe (642-698 apr. J.-C). En dépit des séismes, des invasions et des conquêtes, des guerres intestines et des insurrections sanglantes, telle celle des juifs, réprimée par Trajan au 11e siècle, les foyers restent immuables, sur une étroite et lumineuse bande côtière, livrant aux regards et au rêve des vues incomparables : terrasse de Cyrène, vouée à Apollon ; Sabratha la punique, romaine et byzantine ; théâtre maritime d'Apollonia, ou celui, emphatique, de Leptis, aux marbres polychromes tranchant sur le bleu de la mer ; douceur mélancolique des églises d'El Latrum (Érythron) et d'Apollonia...
    L'opulence est la marque de cette Afrique qui donnera à Rome l'un de ses plus grands souverains, Septime Sévère. La fécondité des terres en Cyrénaïque, fertrlés en fruits comme en céréales, propices à l'élevage des chevaux (les attelages d'Archésilas, victorieux à Delphes, furent chantés par Pindare) ; la culture du silphion, plante médicinale. négociée à prix d'or ; mais aussi le commerce en Méditerranée et le contrôle des routes caravanières par Cyrène et Leptis en rendent suffisamment compte.
    Cette munificence autorise, dès l'époque grecque classique, l'essor d'un urbanisme impressionnant qui ne cessera de s'amplifier lors des vastes pro-grammes d'expansion et de restauration menés à bien sous Ptolémée, Auguste, Hadrien ou Septime. La floraison des mosaïques, romaines à la villa Silin, chrétiennes et imprégnées de thèmes païens dans l'église de Gasr et Libia, exprime pareille richesse. Mais la sublime beauté de la statuaire grecque, hellénistique et romaine, dont les photographies de Gilles Mermet font jaillir lumière et relief, sont le point culminant du livre, animant d'un mouvement cyclique, sur fond noir, " la beauté qui déplace les lignes ".
    Sans visage pourtant, ou d'un geste le dévoilant à peine, les bustes funéraires de la nécropole de Cyrène, uniques dans la statuaire antique, inclassables et sans date, rappellent que l'exubérance vitale se fond aux ombres de la mort.

  • En partenariat avec le Musée départemental Arles antique, le musée du Louvre présente, dans le cadre d'une grande exposition, les pièces les plus spectaculaires découvertes dans le Rhône lors des prospections et fouilles systématiques qui y ont été conduites depuis près de vingt-cinq ans par l'équipe du département des Recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (drassm), dirigée par Luc Long. Ces découvertes révèlent le riche passé de l'Arles romaine : de l'imposante architecture de la ville «double» qui s'est développée sur les deux rives du fleuve à son intense activité commerciale, en passant par des objets de la vie quotidienne exceptionnels, témoignages émouvants de ses habitants. Des objets rarissimes, en pierre et en bronze notamment, sont présentés après plusieurs années d'études et de restauration : chapiteaux et colonnes, fragments de statues et de reliefs, pièces d'orfèvrerie romaines, amphores, lampes, armes. Cet ensemble exceptionnel, constitué d'une cinquantaine d'oeuvres, est exposé auprès de pièces issues des collections des musées d'Avignon (Calvet), du Louvre, de Vienne et de Turin qui apportent un éclairage différent et donnent des éléments de contexte. En particulier, pour l'occasion, le musée de Turin prête en exclusivité l'unique buste de Jules César identifié de façon certaine jusqu'à la découverte en 2007 du buste d'Arles. La confrontation de ces deux portraits constitue un véritable événement scientifique et permet de prolonger le débat passionnant autour de Jules César.
    Cet album s'organise autour de cinq grandes thématiques richement illustrées : l'importance du port fluvial d'Arles à l'époque romaine ; la fouille du dépotoir ; l'historique des fouilles à la fois dans le Rhône et entre Arles et la mer ; la collection exceptionnelle de bronzes ; le buste de César.

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