Paris

  • L'auteur dresse l'inventaire du vocabulaire spécifique à l'architecture méridionale entre les XVIe et XIXe siècles. Puisant ses sources dans la langue d'oc, il permet d'appréhender l'histoire locale des techniques de construction.

  • Le journaliste et écrivain Pierre Merle, parisien, linguiste de plein vent, travailleur de l'oreille qui traîne et à qui l'on doit de nombreux ouvrages sur la langue française (Dictionnaire du français branché, Dico de l'argot fin de siècle, Nouveau dictionnaire de la langue verte...) s'attaque ici à une mode qui ne cesse de s'amplifier et qui vise à remplacer le langage populaire, dur. coloré, vivant, incisif, pittoresque qui nomme un chat un chat et dont les trouvailles et l'irrévérence nous enchantent, par une langue lisse, neutre, morte en un mot. A l'image d'une société infantilisée, molle, prudente, pétocharde, où tout le monde est censé se ressembler, s'aimer et se féliciter de cette uniformisation, la langue s'affadit, se banalise, perd tout relief, toute originalité. toute saveur. Dans ce dictionnaire/pamphlet, l'auteur relève le vocabulaire qui s'est substitué aux expressions et mots hauts en couleur, de plus en plus frappés d'ostracisme, voire interdits sous peine de poursuites, une occasion de dénoncer la bien-pensance générale, le conformisme branché qui sévissent aujourd'hui, et de rappeler que la langue est le pouls de la société et que l'affadissement, la castration de l'une renvoie toujours à celles de l'autre. Un livre salutaire.

  • Ce n'est pas pour rien que Lermina et Lévêque, dans le sous-titre de leur Dictionnaire thématique français-argot (paru en 1897), précisent que celui-ci est "à l'usage des gens du monde qui veulent parler correctement la langue verte". C'est que parler argot n'est point chose facile ; cela demande temps et talent :
    "Il faut être né avec les prédispositions nécessaires, ce qui se voit d'ailleurs assez fréquemment dans la grande ville, tout Parisien ayant dans le coeur un voyou qui sommeille." Pour éviter les barbarismes qui blessent l'oreille et dénoncent le novice ès langue verte, les auteurs, après avoir procédé à une rapide présentation des différents argots (javanais, cadogan, largonji, loucherbem), proposent plus de
    1 500 entrées pour que l'amateur de langue verte puisse jaspiner comme un mec à la redresse. Ce dictionnaire français-argot, complété par un index argot-français, est, avec celui de Bruant qui lui est postérieur de quatre ans, l'un des rares exemples de dictionnaire double.

  • En ce début du xx" siècle, ils ont tous une vingtaine d'années.
    Certains, tels Utrillo ou Gen Paul, sont natifs de la Butte; d'autres sont venus de province: Mac Orlan, Braque, Dufy, Max Jacob, Carco, Satie ... D'autres enfin ont quitté leur pays, attirés par ce Montmartre où ont vécu et travaillé Degas, Renoir, Van Gogh, Toulouse-Lautrec. .. Ainsi débarquent Van Dongen, Picasso, Pascin, Juan Gris, Kisling, Modigliani. ..
    Entre 1900 et 1910, on va les retrouver sur la Butte, mais surtout dans des cités d'artistes comme « le Bateau Lavoir». Dans des ateliers sommaires, se pressent écrivains et peintres auxquels s'ajoutent maintenant Apollinaire, Derain, Vlaminck, Léger, Max Ernst, Miro, Salmon, ... Pauvres, voire misérables, ils font mille métiers pour survivre, car leurs toiles alors se vendent mal et leurs écrits sont chichement rétribués. Il règne, chez ces artistes, un esprit bohème, une joie de vivre et une entraide dont tous, plus tard, se souviendront avec émotion.
    Mais, sous les coups de l'urbanisation, le vieux Montmartre est défiguré et bientôt peintres et écrivains émigrent vers Montparnasse.
    Modigliani dès 1909, Picasso en 1911 ... Les voilà qui investissent ce nouveau quartier qui s'étend du carrefour Vavin à la porte de Versailles. Les ateliers d'artistes y sont nombreux: celui de la rue BIomet réunit Miro et Desnos; dans ceux de la cité Falguière, on trouve Foujita, Modigliani, Soutine, mais c'est la Ruche, passage Dantzig, qui jouera un grand rôle. Elle va abriter Chagall, Brancusi, Léger, Archipenko, Zadkine, ... Apollinaire s'y rend régulièrement comme Max Jacob, Cendrars ou Diego Rivera.
    Plus tard, les Américains Hemingway, Henry Miller, Anaïs Nin, Ezra Pound ... rejoignirent à leur tour le carrefour Vavin.
    Jacques Lambert fait revivre tous ces artistes au jour le jour, qu'il s'agisse des repas à la cantine de Marie Vassiliev; avenue du Maine, de leurs interminables discussions au Dôme, à la Rotonde et, à partir de 1927, à la Coupole. Montparnasse, c'est aussi le Bal Nègre, le bal Bullier, les bals costumés, le bal des Quat'zarts ...
    Après la saignée de 14-18, voici les Années folles. Les artistes ont des relations totalement décomplexées; les couples se font et se défont et l'on ne compte plus les chassés-croisés entre modèles, épouses et maîtresses. Sur ce monde règnent quelques figures féminines de premier plan: Kiki, reine de Montparnasse, Aicha, Youki, la baronne d'CEttingen ...
    Lauteur suit ces hommes et ces femmes dans leurs pérégrinations, leurs espoirs, leur quotidien à la fois difficile et grisant.
    Consultant de nombreuses archives et correspondances, rencontrant les derniers témoins, il a saisi cette faune étrange, géniale, et fraternelle dans son exubérance et sa complexité. C'est ce qui fait l'intérêt de ce livre qui n'est pas un ouvrage de plus sur Montparnasse et son époque, mais l'histoire d'une aventure unique où artistes et écrivains vivaient à l'unisson et rêvaient de changer le monde.

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