Arts et spectacles

  • Trois parties dans cette éducation sexuelle et intellectuelle d'un adolescent marocain.
    L'enfance, chaleureuse et chargée de sensualité au sein de sa famille. Le père a sa chambre, le
    grand frère la sienne. L'auteur dort avec sa mère et la troupe de ses soeurs (ils sont 13 enfants).
    Tout le monde suit de près les rituels amoureux des parents : étreintes suivies de déchaînements
    de jalousie.
    Il a 13 ans quand son grand frère qu'il admire - il lui prête des livres - l'emmène en vacances à
    Tanger. Il le voit nu et tombe amoureux. Choc violent. D'autant que le grand frère s'entiche d'une
    fille... affres du désir, de la jalousie, du sentiment d'une différence qui le bouleverse.
    A 20 ans, il atterrit à Genève. Brillant étudiant, il vient y finir ses études. Au Maroc, il est devenu
    l'amant d'un professeur suisse. Mais il l'a quitté. Cet homme l'étouffait sous son amour. Il espérait
    trouver en Europe la liberté. Mais seul, loin des siens, dans la grande ville, beaucoup le considèrent
    comme une « petite pute marocaine ».
    Le livre est à la fois cru et délicat, naïf et malin. Un itinéraire d'équilibriste où le ton balance entre
    humour et déchirement.

  • 30 ans après

    Serge Moati

    Serge Moati se souvient aujourd'hui à 64 ans, devant la Villa Jasmin en Tunisie, de son arrivée à Paris après la mort de ses parents : " Eté 1957. J'avais perdu mon père, ma mère et quitté mon pays la Tunisie. Le tout en deux mois. Trois disparitions en un été, ce n'est plus du chagrin, c'est de la distraction. "Le jeune Henri en s'appropriant le prénom de son père Serge, devient à son tour socialiste et franc-maçon. Le socialisme à la française était pour cette famille juive une saga intime. Leur coeur battait à gauche.En Mai 1968, après un séjour en Afrique où il apprit son métier de réalisateur, il frappe à la porte de la cité Malesherbes, siège du parti socialiste (SFIO).Il rencontre François Mitterrand son " leader maximo ", devient en 1971 son " conseiller " pour la télévision. Plus tard il sera " son " réalisateur pour les débats présidentiels. 1974. 1981. 1988... Serge Moati fixera les règles et on se souvient du débat de 81 qui l'opposa à Valéry Giscard d'Estaing : rien n'est laissé au hasard, la longueur de la table qui sépare les candidats, la valeur des plans des visages filmés, le choix des journalistes... Bref, les conseillers négocient 21 règles pour ce débat ! Coulisses. L'histoire palpite. Histoire secrète d'une victoire. La gauche est au pouvoir !Plus, loin, le récit de la " cérémonie du Panthéon " raconté par l'auteur est drôle et émouvant.Serge Moati verra le président jusqu'à sa mort. Aujourd'hui il avoue qu'il lui manque. " En 2011, on ricane souvent en se souvenant des illusions du "peuple de gauche". Pas moi. Je prends le risque d'étaler, trente ans après, notre ferveur parfois candide d'alors sur le papier glacé et très libéral des jours ". Un témoignage très personnel, sur ces années de gauche 30 ans après.

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