Sciences humaines & sociales

  • À l'heure où la tolérance semble de plus en plus menacée, il n'est pas inutile de revenir sur les origines d'une idée sans laquelle toute démocratie devient vide de sens.
    Parmi ceux qui ont réussi à l'imposer. Diderot occupe une place particulière car la réflexion sur la tolérance court à travers son oeuvre entière. Dans cette anthologie, ont été réunies ses pages les plus significatives sur ce thème, restituées dans leur contexte. Face à la montée des fanatismes et de l'intégrisme moderne comme à la progression rampante de l'intolérance, elles restent encore d'une actualité brûlante.

  • Boxcar Bertha

    Ben Reitman

    • Nautilus
    • 16 Septembre 2000

    Sans loi ni préjugés : les aventures de boxcar bertha, vagabonde du rail dans l'amérique en crise des années 1930.
    Les heurs et malheurs des hobos, ces prolétaires itinérants qui sillonnaient les etats-unis en piratant les chemins de fer. a la fois parcours initiatique, éducation politique et errance aventureuse dans les etats-unis de la grande dépression et du new deal, bertha thompson dite boxcar (wagon de marchandise) nous fait découvrir une autre amérique, celle des laissés pour compte du progrès, des victimes d'une exploitation capitaliste particulièrement féroce.
    Un passionnant récit qui s'inscrit dans la grande tradition, de jack london à jack kerouac, des road novels.


  • en 1685, louis xiv codifiait la pratique de l'esclavage dans les colonies françaises, réglementation complétée en 1724 et restée en vigueur jusqu'à l'abolition de 1848.
    connu sous le nom de " code noir ", ce texte jette une lumière terriblement crue, dans sa froideur administrative, sur la condition quotidienne que la france a imposé aux noirs, esclaves ou " libres ", durant près de deux siècles. accompagné d'une introduction de robert chesnais le restituant dans le contexte général de l'histoire de l'esclavage, il est publié ici avec un appareil critique indispensable pour en saisir toutes les dimensions, celles de l'époque et celles d'aujourd'hui.


  • Passage à l'acte

    • Nautilus
    • 28 Février 2005

    dans l'atmosphère de l'allemagne en crise des années 60-70, un jeune ouvrier berlinois contestataire bascule dans l'action politique violente.
    son habileté à manier les explosifs lui vaudra le surnom de " bommi ". après des années de vie clandestine ponctuée par des attentats, il décide d'abandonner le terrorisme et de disparaître de la scène militante. ecrit juste après, ce livre est à la fois le récit d'une aventure personnelle hors du commun, un témoignage captivant sur la vie quotidienne des militants d'extrême gauche et une réflexion particulièrement lucide sur les limites de la lutte politique armée.
    publié en france en 1976, sous le titre tupamaros berlin-ouest, ce livre a vite été considéré comme un classique de la littérature militante mais était indisponible depuis très longtemps.

  • Dès que l'on parle de résistance passive ou d'objection de conscience, le nom de Henry David Thoreau est généralement invoqué.
    Son écrit le plus célèbre, De la Désobéissance civile (dont le titre originel Résistance au gouvernement civil a été préféré ici), fait figure de classique de la littérature engagée. Cependant, l'auteur ne saurait être réduit à un simple apôtre de la non-violence. Son combat contre l'esclavage a fini par le conduire à faire l'apologie de l'insurrection armée, notamment en soutenant (de même que Victor Hugo) l'action de John Brown, pendu pour avoir pris les armes afin de libérer les esclaves.
    Penseur finalement méconnu en dépit de sa popularité, Thoreau montre que, dans certains cas, la violence peut s'avérer nécessaire. Nouvelle traduction, introduction, présentation et notes de Robert Chesnais.

  • Ce livre éclairant montre comment l'idéal libertaire et la profusion des utopies nourrirent, dans la paysannerie russe comme dans le mouvement ouvrier, les revendications qui débouchèrent sur les premières grandes révoltes contre le gouvernement tsariste au début du xxe siècle, puis sur la révolution de 1917.
    Après s'être appuyés sur les anarchistes pour s'emparer du pouvoir, lénine et trotski ne tardèrent pas à se retourner contre eux pour les écraser impitoyablement au nom de la " dictature du prolétariat ". en 1921, la fin tragique de l'épopée de makhno et l'échec sanglant du soulèvement des marins de kronstadt sonnèrent le glas des aspirations libertaires dans ce qui était redevenu un empire, gouverné par la police et le " complexe militaro-industriel ".
    Ce n'est pas un hasard si les audaces de l'avant-garde futuriste - immortalisées par le poète maïakovski ou le peintre malevitch - furent alors bridées puis étouffées au profit du conformisme servile qu'incarne le " réalisme socialiste ". la bureaucratie léniniste fit ainsi table rase des penchants utopiens qui avaient failli, en ébranlant si violemment le " despotisme oriental ", changer radicalement la face du monde.

  • Debord contre Debord

    Toulouse La Rose

    • Nautilus
    • 3 Décembre 2010

    C'est à partir de 1974 que j'ai commencé à me passionner pour l'agitation situationniste.
    De 1982 à sa mort en 1994, Guy Debord a vécu avec moi, sans jamais m'avoir rencontré. C'est lui qui m'a appris que le pouvoir n'était pas au bout du fusil et que la peinture était au bout du rouleau. Depuis, mes positions sur ces thèmes ont beaucoup évolué ; sauf celles de la peinture, bien sûr...

  • Le reve en armes

    • Nautilus
    • 25 Octobre 2001

    Déclenchée en juillet 1936, pour contrer le putsch des militaires nationalistes, la révolution espagnole tire son énergie formidable des élans communautaires et vindicatifs du peuple libertaire.
    La confédération nationale du travail (cnt), qui s'est bâtie et renforcée dans la lutte contre toutes les oppressions, est alors le syndicat majoritaire dans la classe ouvrière espagnole. dans le camp républicain, c'est la gauche au pouvoir qui se charge de la besogne contre-révolutionnaire. alors que la guerre civile fait rage, elle se hâte de liquider les acquis de l'insurrection de juillet la collectivisation des terres et des entreprises, l'ébauche d'une abolition de l'argent et de l'etat.
    Et sa tâche répressive se trouve facilitée par la cécité complaisante des chefs anarcho-syndicalistes, que l'union sacrée contre le fascisme conduit à renoncer à leur programme d'instauration du " communisme libertaire " : après avoir été en situation de décider de tout, les dirigeants de la cnt choisissent la collaboration de classes, la militarisation et la guerre civile. ils sabordent l'insurrection permanente en renonçant à l'armement et à l'autonomie des milices ouvrières - sans lesquelles ils ne peuvent être rien d'autre que la caution libertaire d'un régime autoritaire voué à la catastrophe.
    En mai 1937, la sanglante provocation stalinienne de barcelone sonne le glas de la révolution : piétinant l'utopie qui anime leur propre base, les responsables de la cnt se plient, bon gré mal gré, aux exigences de l'etat et de l'économie de guerre. l'épuration qui s'ensuit, au sein de la zone républicaine, apparaît comme un prélude à la persécution massive que connaîtra le pays tout entier après la victoire de franco et de ses sbires - dont le triomphe annonce à son tour les plus sombres heures de l'histoire de l'europe.

  • Viet nam 1920-1945

    Ngo Van

    • Nautilus
    • 26 Septembre 2000

    Si la guerre d'indochine puis celle du viêt-nam sont (à peu près) bien connues, la période précédente l'est beaucoup moins.
    En particulier, l'entre deux-guerres fut un moment capital qui vit, tant à paris qu'à hanoï ou saigon, un formidable bouillonnement militant qui contribua de manière décisive aux futurs combats pour l'indépendance. ce sont ces deux décennies déterminantes qui sont retracées dans ce livre, à la fois somme historique soigneusement documentée et témoignage de première main puisque l'auteur a personnellement participé à ce mouvement.

  • Que se vayan todos!

    Dives Chesnais

    !que se vayan todos! " qu'ils s'en aillent tous ! " crient les argentins à propos de leurs dirigeants incapables autant que corrompus, dans un pays ravagé par l'ultralibéralisme et la mondialisation du capital.
    Poussées à la misère par leurs propres possédants ainsi que par les diktats du fmi et de washington, sans oublier paris et madrid, les classes populaires comme les classes moyennes sont, depuis décembre 2001, en soulèvement permanent, cherchant une issue à leur situation désespérée à travers des formes originales d'organisation et de lutte. ce livre permet de comprendre les raisons profondes de la crise actuelle en argentine, de connaître le détail des événements et d'en évaluer les conséquences tant pour le pays lui-même que pour l'amérique latine.

  • Juillet 1936.
    Lorsque éclate en espagne l'insurrection fasciste, les anarchistes de la cnt et de la fai prennent aussitôt les armes, s'organisant en des structures combattantes originales : les colonnes.
    Ce livre raconte l'histoire de l'une d'elles, la colonne de fer, créée à valence et qui livra sa première bataille le 12 août sur le front de teruel. comme toutes les autres, elle fut dissoute en mars 1937 sous la pression des communistes pour être intégrée à l'armée.
    Entre ces deux dates s'est déroulée non seulement une épopée militaire mais aussi une lutte intense contre les forces réactionnaires qui entraînent la république espagnole vers un désastre inéluctable.

  • La France d'après Waterloo se trouve brutalement précipitée dans un monde nouveau, celui de la révolution industrielle où les rêves de gloire sont remplacés par l'argent.
    S'enrichir par n'importe quel moyen devient la préoccupation générale. Apprenti écrivain encore inconnu et tirant le diable par la queue, Balzac, sous le fallacieux prétexte de mettre en garde ses contemporains contre les escrocs de tous poils, en dresse une liste exhaustive allant du voleur à la tire jusqu'à l'homme d'affaire véreux sans oublier l'État lui-même. Relire aujourd'hui ce véritable manuel de l'art de voler son prochain, c'est découvrir que son auteur, non seulement y préfigure La Comédie humaine, mais aussi se montre étonnement prémonitoire, à près de deux siècles de distance, quant à la place de l'argent dans notre société.

  • La tourmente sociale qui embrasa l'allemagne et l'autriche-hongrie entre 1918 et 1920 est trop mal connue en france.
    Pourtant, l'insurrection berlinoise de novembre 1918 qui mit fin à la première guerre mondiale, la république des conseils de bavière au printemps 1919, la contagion révolutionnaire qui s'ensuivit dans toute l'europe centrale, jusqu'à budapest et turin - au fil des grèves incessantes et des affrontements entre les ouvriers en armes et la soldatesque - sont autant d'occasions gâchées dans l'histoire si funeste du xxe siècle.

    Le mouvement ouvrier allemand se déchira entre révolutionnaires enthousiasmés par l'exemple de la révolution russe et réformistes, parvenus au pouvoir grâce à l'effondrement de l'appareil d'etat prussien. ces derniers s'avérèrent être des maîtres plus impitoyables que ceux qu'ils avaient dû remplacer en catastrophe pour sauver l'ordre bourgeois.
    Et le combat fut sanglant. des dizaines de milliers de révoltés furent massacrés par les corps francs aux ordres du social-démocrate noske.
    Cet écrasement du prolétariat insurgé enclencha les mécanismes qui devaient mener à l'accession de hitler au pouvoir. les prolifiques avant-gardes artistiques et littéraires de l'époque, dadaïstes en tête, prirent à leur manière part à la lutte et firent connaître au monde, plus que jamais livré à l'infamie marchande et aux appétits impérialistes, que rien ne serait plus jamais comme avant.

  • Dénommé le "Grand Siècle ", l'interminable règne de Louis XIV (1643-1715) est censé avoir été une sorte d'apogée de la France, mélange de grandeur politique, de gloire militaire, de perfection artistique, d'éclat intellectuel et de raffinement des moeurs. La réalité apparaît tout autre comme le montre ici l'exemple de Paris. Non seulement la vie quotidienne dans la capitale peut s'avérer très difficile mais aux crimes les plus effrayants, aux scandales les plus sordides ou à des famines dévastatrices s'ajoutent les délires de la mégalomanie royale, les violences d'un absolutisme tendant au despotisme, une pression fiscale injuste autant qu'insupportable ou l'arrogance et la rapacité des nantis. La haine envers le pouvoir monarchique finit par prendre de telles proportions que le Roi-Soleil doit être inhumé en catimini, par crainte des troubles. Tout juste 73 ans et quelques mois plus tard éclate la Révolution...

  • Avec la mondialisation du marché, la société de notre fin de siècle a eu propension à uniformiser aussi les formes de la pensée.
    Nous entrons dans le XXIe siècle en essayant de construire un autre futur. Faire émerger le sens des luttes passées, refoulées par les tendances qui ont été dominantes, autant marxistes que libérales, fait partie des luttes actuelles. Ainsi, dans le cadre de la semaine internationale de la CNT " Pour un Autre Futur ", nous avons organisé un colloque ouvert aux historiens et aux militants sur l'histoire du mouvement ouvrier révolutionnaire.
    Sa finalité a été de présenter un panorama des luttes, des conflits, des différences organisationnelles et idéologiques qui ont façonné l'histoire révolutionnaire du prolétariat ; peu connue des nouvelles générations, elle constitue le sol ferme d'un nouveau départ.

  • Le rêve en armes

    Julius Van Daal

    • Nautilus
    • 15 Novembre 2008

    Déclenchée en juillet 1936, pour contrer le putsch des militaires nationalistes, la révolution espagnole tire son énergie formidable des élans communautaires et vindicatifs du peuple libertaire.
    La confédération nationale du travail (cnt), qui s'est bâtie et renforcée dans la lutte contre toutes les oppressions, est alors le syndicat majoritaire dans la classe ouvrière espagnole. dans le camp républicain, c'est la gauche au pouvoir qui se charge de la besogne contre-révolutionnaire. alors que la guerre civile fait rage, elle se hâte de liquider les acquis de l'insurrection de juillet la collectivisation des terres et des entreprises, l'ébauche d'une abolition de l'argent et de l'etat.
    Et sa tâche répressive se trouve facilitée par la cécité complaisante des chefs anarcho-syndicalistes, que l'union sacrée contre le fascisme conduit à renoncer à leur programme d'instauration du " communisme libertaire " : après avoir été en situation de décider de tout, les dirigeants de la cnt choisissent la collaboration de classes, la militarisation et la guerre civile. ils sabordent l'insurrection permanente en renonçant à l'armement et à l'autonomie des milices ouvrières - sans lesquelles ils ne peuvent être rien d'autre que la caution libertaire d'un régime autoritaire voué à la catastrophe.
    En mai 1937, la sanglante provocation stalinienne de barcelone sonne le glas de la révolution : piétinant l'utopie qui anime leur propre base, les responsables de la cnt se plient, bon gré mal gré, aux exigences de l'etat et de l'économie de guerre. l'épuration qui s'ensuit, au sein de la zone républicaine, apparaît comme un prélude à la persécution massive que connaîtra le pays tout entier après la victoire de franco et de ses sbires - dont le triomphe annonce à son tour les plus sombres heures de l'histoire de l'europe.

  • Alors qu'au milieu du XVIIIe siècle, la Corse était indépendante, Jean-Jacques Rousseau fut sollicité pour la doter d'une constitution.
    Loin d'être une simple curiosité historique, ce projet de texte fondamental pour un État qui n'existe plus se révèle d'une brûlante actualité. En effet, l'auteur " Du Contrat social " et de " L'Inégalité chez les hommes " en a fait une réflexion sur la liberté et la souveraineté des peuples aussi bien qu'une analyse pénétrante des problèmes de l'île qui sont restés les mêmes, deux cent cinquante ans plus tard.

  • Guy Debord (1931-1994).
    A vingt ans, il bouleverse l'art cinématographique puis fonde l'Internationale situationniste en 1957. Il publie La Société du spectacle en 1967, se porte en première ligne en Mai 1968. Il sème la perturbation en Europe dans les années 70 au gré de ses pérégrinations, et entame un cycle autobiographique qu'interrompent la maladie et le suicide.

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