Jeunesse

  • Un soir d'octobre 1892, au château du glandier, peu après minuit, tandis que le professeur stangerson travaille dans son laboratoire en compagnie de son serviteur, il entend, dans la chambre attenante, les appels au secours de sa fille.
    Tous les deux se précipitent, mais la porte est fermée de l'intérieur, comme les volets de l'unique fenêtre. lorsqu'ils découvrent finalement la jeune fille qui râle sur le plancher, il ne reste de l'assassin que la marque, sur les murs, d'une main ensanglantée - et le revolver du serviteur : meurtre incompréhensible, dont le reporter joseph rouletabille va pourtant percer le mystère. de ce roman paru en feuilleton en 1907, hercule poirot, en connaisseur, dira que c'est " un véritable chef-d'oeuvre ", et peut-être d'abord parce que la fascination pour l'horreur rejoint ici un sens aigu du drame aussi bien que du fantastique.
    Mais ce qui pour nous, aujourd'hui, fait également la singularité du livre, c'est sa manière de mêler au roman policier les ressources du feuilleton et le charme du roman d'aventures. dans cette enquête sur " un crime surnaturel ", c'est bien en tout cas le mystère qui domine.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Charles Dickens David Copperfield Lorsqu'en 1850 il publie David Copperfield, Charles Dickens offre à ses lecteurs le premier roman qu'il ait écrit à la première personne, et, derrière l'histoire de son jeune héros, c'est aussi parfois la sienne qu'on peut lire. Mais ce que dessinent surtout les douloureuses premières années, le dur apprentissage de la vie dans une fabrique, puis la fuite et l'errance picaresque du jeune Copperfield, c'est un roman de formation où le personnage se fait son propre biographe. Il arrive alors qu'on ne sache pas si le réel évoqué est celui que l'enfant vécut au présent ou celui que l'adulte revisite au passé. Car, d'épreuve en épreuve, c'est une nouvelle image de soi que le narrateur peu à peu reconstruit, avant de devenir lui-même, à la fin du livre, un écrivain semblable à celui qui, dès le début, a pris la plume pour raconter sa vie - et nous offrir ce qui est encore aujourd'hui le plus grand roman anglais du xixe siècle.

    Edition de Laurent Bury et Jean-Pierre Naugrette.

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  • Jules Renard Poil de Carotte Poil de Carotte a beau se taillader les joues pour qu'elles rosissent, personne ne l'embrasse.
    Mme Lepic n'aime pas son petit dernier aux cheveux roux. «Tout le monde ne peut pas être orphelin», se répète Poil de Carotte, et il nous livre ses idées personnelles, «ainsi nommées parce qu'il faut les garder pour soi». Ni la générosité ni la sincérité ne paient dans le monde des adultes. Il faut ruser.
    L'existence de Poil de Carotte est un enfer dont il ne s'échappe que par une cruelle lucidité.
    Jules Renard a écrit là un chef-d'oeuvre d'ironie, d'intelligence et de tendresse. «Qui a lu une telle oeuvre ne peut l'oublier», affirme Robert Sabatier.

    Commentaires et notes de Michel Autrand.

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  • Tout le monde a gardé en mémoire la bande de garçons courant nus dans la forêt :
    Tigibus et son béret, son frère Grangibus, Lebrac, la Crique, Tintin, Gambette et Tétard qui déclarent la guerre entre les Longeverne et les Velrans. Les embuscades posées à Zéphirin le garde-chasse, les lancers de cailloux à la fronde, les boutons de culotte coupés net au couteau... Avec l'entrée des oeuvres de Louis Pergaud dans le domaine public et l'arrivée sur les écrans de deux adaptations dont on parlera beaucoup, c'est l'occasion de découvrir que La Guerre des boutons est aussi un ouvrage savoureux, l'évocation d'un monde aujourd'hui disparu où les enfants vivent à l'écart des adultes, à construire des cabanes en forêt : toute la magie et la nostalgie d'une enfance à la campagne.

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  • Collodi Les Aventures de Pinocchio Depuis leur publication en 1883, Les Aventures de Pinocchio ont poursuivi une carrière triomphale. Traduites dans toutes les langues de l'Europe mais aussi en swahili, en assamais, en papiamento, leurs tirages rivalisent sans doute avec ceux de la Bible ou du Coran.
    A l'heure de la globalisation, le qualificatif d'universel leur convient comme un gant.
    Comme Peter Pan, son frère cadet, Pinocchio possède une double nature qui lui permet d'évoluer aux confins de la fable et de la réalité - mais, à la différence du lutin de Kensington, il ne cherche pas refuge au pays des rêves. Il affronte avec une infinie curiosité tous les dangers du vaste monde, qu'ils revêtent l'aspect de deux aigrefins patibulaires, d'un insatiable serpent, voire d'un piège à loups. Il possède tous les traits d'une nature exubérante et débridée avec l'impertinence et l'anarchisme foncier de l'enfance.
    Ce chef-d'oeuvre de la « littérature pour la jeunesse » est aussi héritier d'une prestigieuse tradition qui n'est guère éloignée d'Orwell ou de Kafka.
    La brillante adaptation cinématographique de Roberto Benigni vient opportunément nous le rappeler.

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  • Tandis qu'elle s'ennuie sur la berge d'un fleuve, Alice voit tout à coup passer un lapin blanc, ce qui n'a rien d'exceptionnel, mais, chose plus surprenante, elle le voit également tirer une montre de la poche de son gilet. Intriguée, la voilà qui se lance à sa poursuite. Le lapin disparaît dans un grand terrier : elle décide d'y descendre à son tour. C'est à la demande d'une vraie petite fille, justement prénommée Alice, que Charles Dodgson, professeur de mathématiques à Oxford, couche sur le papier l'histoire qu'il lui a racontée, en promenade, un jour de l'été 1862. Trois ans plus tard, sous le pseudonyme de Lewis Carroll, il la fait paraître et, encouragé par l'accueil de la presse, lui donne pour suite La Traversée du Miroir dont le succès, en 1871, est encore plus considérable. C'est que l'auteur sait prendre l'enfant au sérieux, et du coup toucher les adultes, comme il sait se dégager assez de l'Angleterre victorienne pour ouvrir à son livre l'avenir d'une oeuvre classique.

  • Tandis qu'elle s'ennuie sur la berge d'un fleuve, Alice voit tout à coup passer un lapin blanc, ce qui n'a rien d'exceptionnel, mais, chose plus surprenante, elle le voit également tirer une montre de la poche de son gilet. Intriguée, la voilà qui se lance à sa poursuite. Le lapin disparaît dans un grand terrier : elle décide d'y descendre à son tour.
    C'est à la demande d'une vraie petite fille, justement prénommée Alice, que Charles Dodgson, professeur de mathématiques à Oxford, couche sur le papier l'histoire qu'il lui a racontée, en promenade, un jour de l'été 1862. Trois ans plus tard, sous le pseudonyme de Lewis Carroll, il la fait paraître et, encouragé par l'accueil de la presse, lui donne pour suite la traversée du miroir dont le succès, en 1871, est encore plus considérable. C'est que l'auteur sait prendre l'enfant au sérieux, et du coup toucher les adultes, comme il sait se dégager assez de l'Angleterre victorienne pour ouvrir à son livre l'avenir d'une oeuvre classique.

  • à paris, le narrateur lit la gazette des tribunaux en compagnie de son ami charles auguste dupin : on y rend compte d'un double assassinat fort mystérieux et dupin, assuré que la police travaille sans méthode, décide de mener lui-même l'enquête. et il résout l'énigme de manière si brillante que le préfet de police ne manque pas de le consulter lorsqu'un document des plus importants - une lettre - est dérobé dans les appartements royaux.
    Analyste de premier ordre, mais lui-même personnage mystérieux, dupin est au coeur de ces deux nouvelles publiées aux états-unis en 1841 et en 1845 - et avec lui se trouve inventé le personnage moderne du détective. mais ce que edgar poe invente aussi sans le savoir, c'est le genre du roman policier.

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