Stéphane Pellet-Perrier

  • En dépit de certaines apparences, l'immigration ne constitue pas le principal sujet de cet ouvrage. Ce dont il est essentiellement question, c'est la crise interne à la nation française, une crise tout à la fois politique et morale, une crise de notre projet républicain aussi bien que de notre identité collective.
    La variété de ses symptômes permet d'appréhender cette crise sous de multiples angles, de l'éducation aux institutions en passant par l'économie. Si l'immigration formera ici la pierre angulaire du raisonnement, ce n'est pas pour lui prêter un rôle causal, ni même pour lui donner la primauté parmi les enjeux contemporains, mais parce qu'elle nous tend un formidable miroir. Quand on l'envisage dans toutes ses implications, on voit paraître la France telle qu'elle vit et se pense aujourd'hui : c'est comme une bobine que l'on déroule.
    Il s'agira donc, en dénouant minutieusement ce fil emmêlé, d'exposer les ressorts de nos difficultés présentes afin de cerner les moyens de les surmonter. Nos atouts sont évidents, mais le temps presse.

  • Harmonie préétablie, façon d'envisager la vie qui conditionne la façon même dont nous la vivons, synchronicité ou encore strict déterminisme, les rencontres et circonstances qui leur sont propres, conduisent aux mêmes réflexions les personnages de ces nouvelles. Avec à la clef, une prise de conscience et une significative remise en cause, respectivement passage obligé et porte ouverte pour de nouvelles expériences.
    Si leur regard est lucide, parfois même incisif, ces personnages n'en demeurent pas moins attachants dans les difficultés d'un lâcher prise, avec souvent un trait d'humour et une sous-jacente autodérision.


  • Ce livre est né un matin d'avril, du sourire que m'a adressé une petite fille qui se rendait à l'école. Sourire timide, la tête légèrement inclinée, sourire délicat qu'accompagnait un infime geste de la main, au moment précis où je lui indiquais de s'engager sur le passage pour piétons. Dans mon champ, tout en douceur, la vision inattendue d'une rose, sublime, comme superposée... Après avoir ralenti ma vitesse, effectué quelques mètres puis coupé l'autoradio, je me suis curieusement mis à pleurer. Sans toutefois ressentir, à ce moment-là, la moindre tristesse. Des larmes lourdes et chaudes pour un flot de tendresse, que ne parvenait à endiguer mon sourire. Alors j'ai vu le monde, comme jamais je ne l'avais vu, comme jamais peut-être je n'avais osé l'imaginer, j'ai vu le monde comme un jardin merveilleux à la transcendante et féerique beauté.
    En rejoignant tranquillement mon lieu de travail, ce matin-là, la grâce m'avait touché.

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