Mohamed Metalsi

  • "Cet ouvrage est consacré aux villes de Fès, Meknès, Rabat, Marrakech, Tanger et Tétouan. Hauts lieux de savoir et de rencontres, importants centres de pouvoir et de négoce, ces cités anciennes constituent de véritables joyaux. En les décrivant avec le double éclairage historique et architectural, l auteur retrace leur dynamique, convoquant les événements, les sultans, les savants, les intellectuels et les populations qui y ont vécu. Il met au grand jour l ampleur du multiculturalisme dont les cités traditionnelles du Maroc sont pétries. Cette entreprise féconde et originale constitue une approche quasi inédite du Maroc où histoire, anthropologie et sociologie sont continuellement mêlées (illustré). - - "

  • Fès fut une grande ville d'art : « l'Athènes de l'Afrique », « la Florence du Maghreb », comme disaient les écrivains européens. La cité vénérable de Moulay Idris, son saint patron, fut le centre rayonnant vers lequel affluaient commerçants et soldats, voyageurs et pèlerins, savants et mystiques de tout ordre, exilés et réfugiés provenant du Maghreb et d'Andalousie. Accueillante et métissée, elle fut aussi la terre d'asile et le creuset des cultures d'Orient et d'Occident. Dépositaire d'une civilisation raffinée, c'était l'un des hauts lieux de la civilisation islamique à l'égal de ces illustres cités espagnoles médiévales : Tolède, Cordoue, Séville, Grenade... et la capitale la plus prestigieuse du Maroc.À Fès, ville de croisements et de richesse humaine, il est difficile d'échapper au poids du passé. Tout au long des siècles, Fès s'est imposée comme une ville remarquable grâce à son ordonnance minutieuse de l'espace, à la richesse de son milieu, à ses institutions urbaines efficaces et à son riche héritage culturel et architectural. Mais, plus que toute autre cité marocaine, Fès ne se livre pas dès l'abord. Elle se défend par sa vieille muraille crénelée, aux teintes brunes, qui l'enserre et lui confère une harmonie de formes et de couleurs. Elle préserve aussi sa vie intime, essentielle, son âme, par le dédale et l'impasse. Derrière les espaces publics, une autre Fès, paisible et domestique, silencieuse et méditative, semble exclure tout regard étranger. L'espace résidentiel est un ensemble d'enclaves, parfois fermées, et de regroupements familiaux en quartiers, dont les règles d'organisation et le tracé des frontières ne sont déchiffrés que par les Fassis eux-mêmes. Ce livre vous convie à une observation minutieuse et documentée de la plus vieille cité islamique du Maroc et à une contemplation enchantée de la beauté des lieux. L'examen et l'interprétation des formes architecturales raffinées de Fès contribuent à la compréhension de la « mentalité » des hommes qui nous ont légué l'un des joyaux du patrimoine de l'humanité.

  • entre europe et afrique, méditerranée et océan, sise sur l'un de plus beaux rivages du monde et l'un de ses détroits les plus passants, tanger, " ville des mille et une lumières ", selon paul bowles, paraît à l'écrivain " au centre de l'univers " ...
    mais, ambiguë, fuyante et instable, oscillant entre mythe littéraire et réputation sulfureuse, ouverture internationale et réalité marocaine ; au long de son histoire millénaire, tantôt cité phare et capitale, tantôt petit port dérisoire, la ville disparate, luxuriante, est aujourd'hui menacée par l'explosion de la démographie et par une expansion anarchique. il y a deux cités en elle, notait jacques berque : " la première vint d'en haut, la seconde d'ailleurs ".
    ville de dieu, ville cosmopolite, tanger est plus qu'un lieu de mémoire et de mirage : elle résume la complexité et la tension du monde. le livre rend compte de cette situation et de ce destin d'exception, par la beauté de ses photographies qui en font " une fête pour l'oeil ", en écho à delacroix découvrant la ville, en 1832, à matisse qui épura sa vision de peintre au contact de cette lumière et de ces formes architecturales.
    par l'intelligence du texte aussi, empreint d'une intime familiarité avec la ville, son histoire, ses habitants et sa mouvante configuration urbaine. le mythe de tanger ne se confond pas avec la légende cosmopolite et ce sentiment d'ailleurs qui fascina tant les écrivains, dumas, genet, morand, truman capote. il s'incarne dans les avatars de l'histoire ; il s'insère dans les replis de la médina, de ses ruelles, de ses demeures repliées sur leurs patios et leur ornementation intérieure ; il se déploie dans les métamorphoses urbaines du xxe siècle, sous l'impulsion des architectes espagnols (diego jimenez), qui, mêlant les styles art déco et hispano-mauresque, font triompher le superbe désordre de l'éclectisme.

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