Luuk Van Middelaar

  • Que faire quand une foule de migrants se risque sur la Méditerranée? Quand un pays de la zone euro menace de faire faillite et d'entraîner tout l'édifice à sa suite? Et que faire quand un grand État membre claque la porte alors que notre protecteur américain nous qualifie d'ennemi?

    Sous le choc des crises, l'Europe se doit d'agir. Conçue comme une fabrique de règles, elle est mal préparée pour faire face à l'adversité, aux dangers, à l'imprévu. Mais parfois, on n'a pas le choix. Dans les situations d'urgence, les dirigeants européens ont donc dû improviser, braver ensemble l'avenir et l'inconnu.
    Quand l'Europe improvise raconte l'émergence d'une scène politique à partir de l'ovni bruxellois. Protagonistes et visions d'avenir s'y affrontent, de tragiques dilemmes s'y creusent. Devant cette agitation, le public défiant se fait de plus en plus entendre, avec raison : l'enjeu n'est plus le prix du blé ou les quotas de poisson, mais la solidarité, la guerre et la paix, l'identité et la souveraineté.

    Pour décrypter ce nouveau théâtre, Luuk van Middelaar nous propose deux clés. D'une part, narrer les événements tels qu'ils sont vécus de l'intérieur : les crises révèlent qui décide. D'autre part, se libérer des tabous afin d'aligner les mots sur les forces en présence : l'Union européenne exerce du pouvoir, elle doit donc définir ses intérêts, sa frontière ; et puisqu'elle gouverne, il lui faut accorder une place à l'opposition - gage de notre liberté.

  • Ce livre raconte un événement lent et majeur : la genèse d'un ordre politique européen.
    Il évite le jargon et les poncifs des manuels ; ceux-ci cachent bien plus les enjeux du pouvoir qu'ils ne les éclairent. Il ne spécule pas sur une destination finale ; l'histoire vaut mieux que la téléologie. Il n'est pas « pour » ou « contre » l'Europe - peut-on l'être d'ailleurs ? Le Passage à l'Europe distingue trois sphères européennes. La sphère externe, celle du continent et de l'ancien « concert des nations » ; la sphère interne des institutions et du Traité, source de grandes attentes ; enfin, imprévue et non perçue, une sphère intermédiaire, celle où les Etats-membres, rassemblés autour d'une même table, se découvrent peu à peu coresponsables d'une entreprise commune, parfois malgré eux.
    Cette sphère internationale est le lieu des tensions entre l'un et le multiple qui font la force et la faiblesse de l'Union. Le Conseil européen des chefs d'Etat ou de gouvernement en est devenu l'expression institutionnelle, lui seul est en mesure de convaincre un public européen à 27 têtes nationales. Livre d'histoire, en ce qu'il prend au sérieux l'expérience des hommes politiques qui ont façonné l'Europe depuis soixante ans : l'importance des mots, la soif des applaudissements, l'implacable pression des événements, tels le début de la guerre froide, la chute du Mur de Berlin ou le 11 Septembre.
    Livre de philosophie, en ce qu'il veut savoir ce qu'est la politique avant de trancher sur l'existence d'un corps politique européen : qu'en est-il, en Europe, de la capacité à prendre des décisions contraignantes, à agir dans le flux du temps, à établir un lien avec les gens ? L'un et l'autre, en ce que l'auteur considère que la vérité de la politique ne se comprend que dans le temps. Traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Daniel Cunin et Olivier Vanwersch-Cot.

  • The deep economic and financial crisis that hit many countries in Europe brought the issue of democracy in the European Union from the circles of experts into the public arena. Eurozone members, in particular, have experienced how interdependent they have become: the fate of each of them is affecting the fate of all. Under the grip of heavily contested bailout programmes, some of them even felt they were losing all control over their destiny. As a result, issues of solidarity, identity and accountability within and between countries and institutions came to the fore in unusually stark terms. While reflecting a wider decline of trust in politics, the May 2014 European Parliament elections confirmed that public disenchantment with the Union is at an all-time high. Expectations, however, point in different directions: some people want 'more' Europe, others 'less', and many both depending on the issue. In at least one country a sizable share of the population believes that membership of the club is incompatible with life as a sovereign nation. At the same time, new forms of democratic practice are tested (such as the citizens' initiative, the Spitzenkandidaten-system) and others being considered (more involvement of national parliaments, a eurozone parliament). In this context it is particularly appropriate, indeed urgent, to reflect on the fundamental political challenges facing the continent where democracy was invented. Many of these were discussed without taboo in a series of conversations that took place in 2012-2013 between Herman Van Rompuy, president of the European Council, and European intellectuals from eight countries. Against this background, the editors are inviting circa 20 leading public voices to write about the future of democracy in Europe: the diagnosis, the stakes, the best way forward. What can self-government and majority rule mean in today's Europe, itself in the globalised world of the 21st century? And how can this be relevant for the rest of the world?

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